Un court retour sur le 28 mars dernier à l’Amicale Laïque du Crêt de Roch.

Dans un monde marchand basé sur le profit, l’exploitation et la domination du plus grand nombre par une poignée de possédants, le crédit est une notion centrale. Le crédit, c’est faire confiance. Cela nécessite un mode de relations non troublé, apaisé. Situation qui, dans le degré exacerbé de mondialisation actuel, est difficile à établir. Le paternalisme, qui est le mode de fonctionnement le plus économique pour les dominants et les instances de régulation étatique qu’ils se donnent (notamment parce que le plus grand nombre s’y conforme plus ou moins spontanément) fait place, progressivement, à un mode de relations plus brutal, la guerre étant l’outil ultime de la domination. Toute parole différente doit être muselée, fut-ce par la contrainte, lorsque ruse et manipulation ont échoué. Nous en sommes là. 

Assèchement des financements publics avec une préférence des autorités pour des financements sur projet au détriment des financements structurels, institutionnalisation/bureaucratisation des actions dans une logique de prestation de service –entraînant une incontournable professionnalisation tant des salariés que des bénévoles et une virtualisation des procédures qui double le mode papier -, renforcement des pratiques d’évaluation qui tendent de plus en plus vers le contrôle, injonctions rampantes à la neutralité,  sont en train de reconfigurer le quotidien des associations, notamment celles de l’éducation populaire fauteuses de trouble démocratique. 

La pression de l’État et de certaines collectivités et autorités administratives qui peut confiner à la (ré)pression sur les associations avance à bas bruit. C’est un devoir, au regard de la démocratie, de recenser, d’analyser, de révéler en quoi ces funestes évolutions font système. 

C’était le but de l’après-midi d’échanges auquel conviait samedi 28 mars à La Cale, le CREFAD Loire, Terrain d’Entente et le Mouvement Associatif AURA. 

Marie Garmadi de l’Observatoire des libertés associatives (OLA), Jean-Baptiste Jobard de l’OLA et du Collectif des Associations Citoyennes (CAC), Manon Pesle enseignante chercheuse à l’UJM et Julie Champagne chercheuse associative, ont tiré la sonnette d’alarme et documenté ces phénomènes. 

Comment préserver l’autonomie associative ainsi que sa capacité et son droit d’interpellation citoyenne?

Comment les associations peuvent-elles rester des espaces d’initiative et de formation citoyenne dans un contexte de contrôle administratif et de pression financière?

Ces deux questions ont été au cœur des échanges pour la trentaine de participant.es. Une première étape dans l’entrée en résistance commune et pour commencer à élaborer des pistes d’action.

…à suivre!

Une version audio de la table-ronde sera bientôt diffusée sur les ondes. Si vous souhaitez vous joindre à une dynamique de réflexion, de formations ou d’actions sur la question, vous pouvez contacter florence@crefadloire.org.

Plus d’informations et ressources sur le sujet en consultant la page de l’Observatoire des libertés associatives et particulièrement le dernier rapport « Neutraliser le monde associatif » ou encore la page de l’Institut Alinsky.

https://libertesassociatives.org/ressource/neutraliser-le-monde-associatif-enquete-sur-une-injonction-a-la-depolitisation

Observatoire des libertés associatives 

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