Dans le cadre des actions proposées par le Collectif 8 mars, le Crefad Loire a proposé une formation thématique sur les questions de genre destinée à des volontaires en services civique. 

Égalité femmes-hommes et questions de genre : une formation pour penser, comprendre et agir 

Les 9 et 10 mars 2026, le CREFAD Loire a accueilli cinq volontaires en service civique pour une formation intitulée « Égalité femmes-hommes et questions de genre ». Un groupe particulièrement investi, curieux et participatif, où chacun·e arrive avec une histoire et un bagage différents ! 

Animées par Maïté Boussiron, formatrice et accompagnatrice de projets jeunes au CREFAD Loire, et Iman Hamani, stagiaire en Master 2 Sciences de l’éducation, ces deux journées avaient une ambition claire : outiller les jeunes pour mieux comprendre les inégalités qui structurent notre société et commencer à agir.

Nommer les choses pour mieux les voir

Avant d’agir, encore faut-il comprendre. Une large part de la formation a donc été consacrée à poser des mots justes sur des réalités souvent floues. Qu’est-ce que le genre et en quoi diffère-t-il du sexe biologique ? Que recouvre vraiment les féminismes ? Ce que l’on appelle « féminin » ou « masculin » n’est pas inné : c’est le résultat d’une socialisation différenciée, d’une assignation à des rôles, d’une construction sociale que l’on peut et doit questionner. À partir des travaux de la philosophe Elsa Dorlin, les volontaires ont construit collectivement leurs propres définitions, d’abord individuellement, puis en débat.

Cette mise en mots s’est prolongée sur les notions de domination, discrimination et intersectionnalité : les inégalités ne s’analysent pas de manière isolée. Classe, race, sexe se croisent et s’amplifient. Les nommer, c’est déjà commencer à les rendre visibles.

Des savoirs ancrés dans l’histoire et dans le réel

Comprendre les inégalités d’aujourd’hui suppose aussi de les inscrire dans une histoire. À travers une frise chronologique reconstituée collectivement de 1789 à aujourd’hui, les volontaires ont mesuré à quel point les droits des femmes sont récents et fragiles.

Le féminisme décolonial a également été abordé à travers un arpentage de l’ouvrage de Silvia Federici, Caliban et la sorcière. L’arpentage, méthode d’éducation populaire, consiste à se répartir un texte en petits groupes pour en construire ensemble une compréhension commune sans qu’une seule personne n’ait tout lu. Une façon concrète d’expérimenter que les savoirs se partagent et se co-construisent.

De la théorie à l’action

La formation n’aurait pas été complète sans un retour au concret. Les volontaires ont travaillé en petits groupes à l’analyse de situations réelles (vécues pendant leur volontariat ou dans leur vie quotidienne) en mobilisant les outils théoriques pour les lire autrement. Des situations que l’on pensait parfois banales, et qui révèlent, une fois analysées, des dynamiques de genre, de domination ou de discrimination bien réelles.

En toute fin de formation, chacun·e a pris le temps de se demander : et maintenant ? Qu’est-ce que j’emporte ? Qu’est-ce qui reste en question ? Quelle action concrète est-ce que j’aimerais mettre en place dans mon service civique ? 

A l’issue de ces deux journées, l’ensemble du groupe – y compris les formatrices ! – a été interpellé sur ces questions, a pu réfléchir ensemble à des actions à mener, le tout dans un cadre constructif. Certain·es repartent avec des lecture, des noms de chercheuses et d’autrices à explorer. D’autres retiennent surtout les rencontres, ou cette phrase qui dit beaucoup : « Je m’attendais pas à ce que ce soit aussi bien. » Une participante confie avoir appris « des choses qu’elle se devait de savoir en tant que femme » et d’être contente de les savoir enfin. D’autres pointent ce qui pourrait encore être approfondi : les questions liées aux communautés LGBTQIA+ : des sujets à travailler lors d’une prochaine formation !

« Le sujet est intéressant, tellement délicat et finalement, c’est ok. » C’est exactement l’espace que le CREFAD Loire cherche à ouvrir.

Un article rédigé par Iman Hamani, animatrice-formatrice stagiaire au Crefad Loire

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